Chronique d'albums : Nula Jedan
| Thork
| CHRONIQUE
Première dans mon histoire de petit chroniqueur amateur, on m'a explicitement sollicité pour que je chronique un album pour Instinct, en l'occurence Nula Jedan du groupe d'Annecy, Thork.
Enfin la reconnaissance d'années de travail acharnées!......non je déconne.
Mais c'est avec grand plaisir que je vais m'exécuter, surtout si ça peut faire connaître des groupes français qui s'échinent à vouloir faire autre chose que les horreurs qu'on nous déverse à longueur de journées sur nos ondes...
Thork, groupe d'Annecy formé en 1998, mené par son "homme à tout faire" Sébastien Fillion, en est à son 3ème CD auto-produit avec Nula Jedan, 66 minutes au compteur.
La tâche de chroniquer un album de ce genre n'est pas aisée, tant son univers est large. Les instruments utilisés au fil du CD sont nombreux avec par exemple du violon, de l'oud, du violoncelle pour ne citer qu'eux. Et la volonté d'imprimer des nombreuses couches aux morceaux est bel et bien là.
Il faut avouer que pour un album auto-produit, le son est plus que bon, on entend tout...et bien.
Une des ficelles utilisée pour la musique de Thork réside dans les ambiances : planante, orientale, un peu électro, et j'en passe...ça change pas mal d'un morceau à l'autre et tout le monde peut y trouver son compte.
Du coup, on ne peut pas spécialement définir un style précis, ce qui plaira à certains, dont moi qui en ai marre à force de toutes ces appellations à la con...ça en devient n'importe quoi à la longue. On pourra qd même ranger ça dans la famille du rock prog à tendance expérimentalo-planante. (qui est encore une appellation à la con )
Personnellement j'ai vu des légers rapprochements par moments avec le groupe méconnu Solefald, notamment sur Ex-Slave. On pourrait même voir des relans de Porcupine Tree vieille époque sur Danse des airs et d'autres passages de la galette.
Passons sur les descriptifs généraux et rentrons un peu dans le vif du sujet. Dans cet album se côtoient le bon et le moins bon, tout n'est pas rose non plus.
Au rang du bon, on trouvera des titres comme Ex-Slave, Danse des airs et d'autres. La diversité de l'album fait sa force...mais peut aussi en faire sa faiblesse car il est ardu de rentrer dedans et les tempos souvent planants peuvent rendre une écoute de l'album complètement intemporelle et donner l'impression de durer des heures...en somme il faut être dans le bon état d'esprit pour écouter tout ça.
Mais sinon on ne peut pas enlever à ce travail une profondeur raisonnablement inspirée pour compenser un manque d'envolées techniques et de virtuosité,voulus par le côté ambiance et zen de l'album, je précise.
Au rang du moins bon...le chant en français...évidemment c'est totalement subjectif mais j'avoue que j'ai toujours et encore du mal avec et certaines phrases m'ont tout de même arrachées un petit sourire, les ayant trouvées un peu stéréotypées et capillotractées. A côté de ça, je ne me permettrai pas de critiquer la manière de chanter ou autre, c'est juste, pas de casserole, tout va bien.
Un titre comme Ici m'a aussi déçu...tenant plus de l'hymne scout que du tube rock interplanétaire, avec un côté un peu gnan-gnan qui lui fait défaut pendant 5 minutes...
Au final, Thork nous livre tout de même un album qui se laisse écouter, encourageant et personnel. Mais l'auditeur devra rentrer dedans sur pas mal d'écoutes pour y trouver son bonheur.
Il serait tout de même dommage de ne pas saluer un travail plutôt bien ficelé dont les efforts et le soucis du détail se sentent.
Même si quelques moments un poil plus techniques ne seraient pas de refus pour un peu emballer tout ça, mid-tempos et ambiances pouvant être compatibles avec. |
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