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Posté le : Ven 08 Fév 2008, 10:27
Année faste pour les fans français de Dream Theater : après leur venue en début d'année à Clermont-Ferrant (avec une reprise anniversaire du cultissime album Images & Words), un passage au Hellfest, et une superbe prestation au Zénith de Paris, c'est avec impatience que nous attendions leur venue (pour une fois) dans le sud-ouest. De plus la présence de Symphony X en première partie semblait constituer l'affiche rêvée. Et pourtant...
Arrivés en milieu d'après-midi, il nous faut 1 heure de patience avant de trouver enfin le responsable qui va bien pour nous faire rentrer dans les lieux afin de nous livrer à quelques interviews. A noter que nous assistons à l'arrivée du tour bus de DT : celui-ci entre dans le périmètre et va faire une manœuvre délicate pour que le groupe ne soit séparé que de qqs mètres de l'entrée du bâtiment, et de façon à être caché de la vue des qqs fans qui sont au grillage... Nous voici donc en quelques instants dans la
salle de cattering face à face avec un Russell Allen égal à lui-même, c'est-à-dire courtois, modeste et de plus en plus volubile à mesure que le temps passe. 1 bonne heure de conversation très intéressante ou l'on apprend en vrac que Paradise Lost est un carton pour le groupe dans pas mal de régions du monde (l'Amérique du Sud notamment, alors que chez nous je n'ai pas eu l'impression qu'il ait surpassé les précédents malheureusement...), que l'idée d'un DVD trotte dans la tête du groupe depuis pas mal de temps, et qu'ils l'imaginent bien avec un orchestre qui rendrait justice aux orchestrations de SX. Le tout ponctué des rots sonores de Michael Romeo qui vient de se lever, et tente de se réveiller avec un Coca! Nous croisons Jason Rullo, puis James LaBrie qui chambre gentiment Russell, et enfin Michael Lepond, avec qui nous discutons un long moment "off the record". Comme tous les membres du groupe, Michael est un exemple de gentillesse, d'humilité et d'accessibilité. Nous parlons technique bassistique comme si nous n'étions pas de vils amateurs et lui le grand virtuose qu'il est, à aucun moment il ne se met sur un piédestal, c'est assez bluffant!
Alors que nous attendons donc de pouvoir rencontrer un des
membres des "Fab Five", je croise John Petrucci dans un couloir, accroché à son téléphone. Je me dis que j'aurai certainement le temps de l'aborder plus tard, donc je ne le dérange pas... Enfin, nous voici conduit par un jeune homme peu courtois (le boss, Rikk Feulner, avait été beaucoup plus
conciliant lors de notre rencontre durant la tournée Octavarium) dans les loges, afin de discuter avec Jordan Rudess. Là, changement de décor, c'est
15 minutes, pas une de plus. Bon, on ne perd pas de temps, nous questionnons le bonhomme (cd. Interview audio). Pas de révélation fracassante, mais Jordan, dont ce n'est pas notre première rencontre, se montre extrêmement détendu comme à son habitude. Notre jeune ami revient nous chercher, mon oeil accroche la setlist accrochée au mur, manifestement
la même que sur le reste de la tournée, c'est-à-dire avec le sympathique medley que nous avions déjà eu au Zénith, et un couvre-feu à 23h15... Dans le couloir, nous revoici nez à nez avec John Petrucci sirotant une boisson (pas trop protéinée j'espère s'il veut continuer à passer les portes dans l'avenir). Je lui demande aimablement s'il a 30 secondes pour un petit autographe (il faut dire que le bonhomme se fait de plus en plus discret depuis qqs tournées), et alors qu'il s'approche (on est 2, rien
d'effrayant), voici que notre manager stagiaire se laisse submerger par son nouveau statut de chef suprême et nous met dehors sans vergogne sous prétexte que "on n'a pas le temps, ce sont des pros!". Connard, va. Et pour couronner le tout, au lieu de passer chercher notre pass photo à l'accueil,
il nous conduit dehors en bout de queue (notons que nous sommes à 45 minutes de l'ouverture des portes, je vous laisse imaginer la longueur de ladite queue...). Bref, à force de patience nous rentrons, et bientôt SX arrive sur scène. Notons que le phare est une salle très convenable... si l'on occulte le fait qu'il n'y a pas de gradins, et qu'à part pour le premier rang, on ne voit plus grand chose dès lors qu'on n'atteind pas la barre des 1m80! Bref, SX fait du SX, çàd une prestation sans faille, c'est ultra-carré, il y a de l'énergie, beaucoup de volonté pour s'imposer au public. Jason Rullo est une terreur derrière ses fûts, Michael Romeo déroule toujours aussi follement sans jamais être rébarbatif, et Russell est comme à son habitude un frontman d'exception doué d'un charisme peu commun. Seule ombre au tableau, et pas des moindres : ce n'est que la première partie, donc le son n'est pas à la fête, on devine parfois les morceaux plus qu'on ne les entend, et le jeu de lumières est réduit à sa plus simple expression : rouge ou bleu.
Gageons que leur très prochaine tournée saura rendre hommage à ce groupe formidable. Même si les aficionados sont conquis depuis des années, le groupe tient à prouver sa valeur et le fait avec beaucoup de cœur, et une énergie qui nous rappelle
le DT d'il y a qqs années. Dream Theater justement investit la scène peu de temps après (il est à peine 20h00, le timing est respecté à la lettre). Le son est correct sans être génial. Peu de surprise, la setlist est très proche de celle du Zénith, mais rien de grave tant cette prestation avait été excellente. Sauf que... plus le temps passe, plus une étrange sensation s'empare de nous, ainsi que des fans alentours ayant un peu de bouteille.
Les 5 lascars sont au top, Labrie est encore une fois remarquable quand on repense à ses années noires, Petrucci est impressionnant, il ne connait pas
la moindre erreur (quoiqu'il en soit il confirme une nouvelle fois qu'il est au top de l'instrument comme peu de gens sur cette planète). Seul Portnoy semble peut être un peu en sous-régime. Et pourtant donc, à mesure
que le temps passe je ne peux m'empêcher de m'ennuyer, rien ne se passe.
Très peu d'énergie semble arriver dans notre direction, et si 2 ou 3 moments nous réveillent un peu (le dessin animé sur The dark eternal night, le solo de clavier portable de Jordan, Lines in the sand) il est de plus en plus évident que ce soir DT est venu faire son travail, point.
Consciencieusement certes, mais l'envie n'est pas là, l'habituelle connivence entre les musiciens est absente. L'illusion ne fonctionne qu'auprès des fans récents (nombreux, certes) qui n'ont pas de point de comparaison et ne peuvent qu'être éblouis par les prouesses individuelles.
L'heure tourne, le groupe finit In the presence of enemies, remercie le public rapidement, puis quitte hâtivement la scène. A ce moment on se dit que tout n'est pas perdu et que le medley (qui m'avait fait retrouver LE
Dream Theater que j'aime, çàd créatif et plein de surprises) permettra de conclure malgré tout la soirée sur une bonne note. Et ce que je pressentais depuis quelques minutes se produit : avec plus de 30 minutes d'avance sur
le programme, les lumières se rallument, les techniciens investissent la scène, pas de medley ni rien du tout, circulez y'a rien à voir!!!
Quelle déception, c'est le point d'orgue amer de cette journée. Pour couronner le tout, la configuration de la salle fait que 20 bonnes minutes sont nécessaires pour en sortir, le chemin nous faisant passer devant le stand
de merchandising avec des cd à 25 euros, des t-shirts à 30 euros et plus, et ce ne sont pas les articles les plus chers... (bizarre, quand on se réfère aux prix sur Internet, de constater comme tout d'un coup 1dollar = 1 euro, voir 1 dollar = 1.4 euro. Il me semblait que c'était l'inverse...).
Bilan des courses : carton bleu à Symphony X pour leur comportement on stage ET off the stage. A ne pas rater en headlining. Aux individualités DT qui restent évidemment des références dans leurs domaines techniques
respectifs. Mais carton rouge à la machine que DT est en train de devenir. Ca me coute d'écrire ça tant je suis fan de ce groupe mais on dirait qu'une forteresse invisible est érigée autour d'eux et qu'ils font de moins en moins d'efforts pour en sortir. Leur succès grandissant est mérité après des années de galères, et je peux comprendre que les sollicitations des fans soient usantes. N'empêche que c'est la fidélité et le soutien des fans qui leur a permis d'en être là aujourd'hui, et commencer à amputer la setlist et à n'assurer qu'un service minimum, c'est écorner le dernier et
le plus important symbole qui rendait la relation entre le groupe et les fans si particulière.
Superstition ou coïncidence, mon treizième concert de
DT est aussi le plus mauvais. Espérons que ce ne soit qu'une erreur de parcours, n'oublions pas si vite que les concerts de Clermont et de Paris avait été de grands moments.